Depuis plusieurs années, le frelon asiatique s’est imposé comme une espèce invasive en France, suscitant inquiétude et vigilance. Sa présence représente un danger pour la biodiversité, notamment pour les abeilles, et peut occasionner des nuisances pour les habitants. Cependant, à l’approche de l’hiver, la question de l’utilité des interventions sur les nids récemment découverts mérite d’être posée.
En fin de saison, généralement à partir de novembre, le cycle biologique du frelon asiatique touche à sa fin. Les reines, seules capables de fonder de nouvelles colonies, quittent le nid pour hiverner dans des abris naturels. Les nids existants deviennent alors des structures vides ou presque, sans impact sur la reproduction pour l’année suivante. Les ouvrières restantes, en très faible nombre, ne trouvent plus de nourriture et meurent rapidement.
Les données récentes montrent que plus de 90 % des nids inspectés ces derniers jours sont totalement vides. Même si certains paraissent intacts, ils ne contiennent ni reines ni ouvrières actives. Traiter ces nids n’a donc aucun effet sur la lutte contre l’espèce pour la saison suivante. Les interventions tardives représentent un coût inutile et sortent du cadre des contrats publics visant à limiter la propagation de l’espèce.
La lutte contre le frelon asiatique doit être ciblée et efficace. En fin de saison, la destruction des nids n’apporte aucun bénéfice écologique ni sanitaire. Les efforts doivent se concentrer sur la période active, au printemps et en été, lorsque les colonies sont en développement.